La grande collection économique Gemini – deux CD pour le prix d’un mid – continue de s’affirmer telle une mine d’or mettant à la disposition des budgets les plus serrés un répertoire d’une singulière ampleur, où se mêlent chefs-d’œuvre de toujours ou à découvrir. Sur ces dix titres de printemps, quatre sont consacrés à des œuvres certes connues mais dans des interprétation devenues rares : l’orgue de Bach sous les doigts de Lionel Rogg (instruments modernes inspirés par la redécouverte de l’orgue historique) ; Neuvième Symphonie de Beethoven et Concerto « l’Empereur » (+ n°20 de Mozart) par Wolfgang Sawallisch et le Philharmonia, avec en soliste le regretté Youri Egorov – auquel EMI a consacré un coffret hommage : The Master Pianist ; Grande Messe des Morts et Symphonie fantastique de Berlioz par le London Philharmonic et André Previn – bientôt un coffret EMI pour fêter les 80 ans du chef américain d’origine allemande ; enfin un album à deux pianos où Michel Béroff et Jean-Philippe Collard font danser Brahms et Dvořák. Les autres titres invitent à découvrir compositeurs et/ou œuvres rarement entendus : Frederick Delius, servi par les meilleurs chefs anglais – Sir John Barbirolli, Vernon Handley, Sir Charles Groves ; Haendel dans sa diversité (orchestre, musique d’église), 250ème anniversaire oblige, sous la baguette de chefs tels que Mackerras, Ledger ou Willcocks ; un programme symphonique et choral dédié au compositeur suisse Frank Martin, avec notamment Yehudi Menuhin, José van Dam et Kent Nagano ; les deux derniers albums mettent à l’honneur l’un le maître tchèque Bohuslav Martinů : Symphonie n°4, Concerto, Les Fresques de Piero della Francesca…, l’autre Max Bruch – avec non pas son immortel Concerto pour violon (dont le succès exclusif le désolait !), mais ses trois Symphonies et le Concerto pour deux pianos, avec Antal Dorati et James Conlon, pas moins. Une moisson à tous égards exceptionnelle.



