Le Classique pour les nuls, une collection de 25 CD à tout petit prix pour ceux qui ne vont pas le rester.
Certains titres sont consacrés à un compositeur : Bach, Beethoven, Chopin, Liszt, Mozart, Ravel, Tchaïkovski, Vivaldi… D’autres sont thématiques : les Opéras de Mozart, la Musique russe, la Musique baroque, le Chant grégorien… D’autres encore dédiés à un instrument ou un interprète : le piano, le violon, la Callas et Maurice André. Les 25 CD contiennent un extrait de tout ce qu’il faut connaître, et toujours une piste pour sortir des sentiers battus. Ils sont accompagnés de livrets documentés pour apprendre en s’amusant.
Florilège :
L’origine du nom de Beethoven
Amusant paradoxe dans l’attitude de Beethoven pourfendeur de la noblesse et des privilèges : certes, il n’avait jamais prétendu appartenir à l’aristocratie, mais n’a jamais non plus contredit ceux qui le croyaient. Son nom, d’origine flamande, comporte un « van » indiquant simplement que la famille était d’origine rurale ; dans son cas précis, « beet hofen » signifie tout bonnement « champ de betteraves », et le « van » n’a aucune des implications aristocratiques que comporte la particule nobiliaire « von » en allemand. On imagine l’humiliation de Ludwig du Champ-de-Betteraves le jour où une cour de justice, réservée aux membres de l’aristocratie, se défaussa d’un dossier le concernant entre les mains d’une cour pour roturiers…
Les différents types de piano
Les pianos se déclinent en de nombreux modèles. Le droit lui-même existe en plusieurs formats, du tout petit piano d’étude au grand droit Steinway à l’ample sonorité. Le crapaud (un piano à queue certes, mais plus large que long) et le quart-de-queue sont destinés au salon, le demi-queue aux grands salons ou aux petites salles de concert, le trois-quarts et le grand piano de concert (jusqu’à trois mètres de long, 700 kilos !) aux grandes salles. Il existe également le piano girafe dont la queue est disposée verticalement, histoire de réduire l’encombrement sans nuire à la sonorité, mais il appartient aux raretés. Le « piano à bretelles », lui, est l’accordéon. Le « piano de cuisine » est en fait une grande plancha à usage professionnel : quiconque y poserait les doigts risquerait non pas de jouer du Chopin mais d’imiter AC/DC.
L’Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach
Quant à L’Art de la fugue, c’est un ouvrage énigmatique, mettant en évidence toute la somme des connaissances de cette forme musicale ultra-complexe dans une vingtaine de fugues d’une science extraordinaire ; Bach est mort avant de l’avoir achevé, juste après avoir introduit dans la mélodie son nom sous forme musicale : les notes si bémol, la, do, si bécarre, correspondant aux lettres B-A-C-H selon le nom allemand des notes. Si Bach s’était appelé Jean-Sébastien Chagecha, cela aurait donné le thème de La vie en rose…
La vie de Mozart en 80 mots
Mozart a tout fait avant les autres : trois jours avant son quatrième anniversaire il apprenait par cœur son premier morceau au piano. Avant 6 ans il jouait pour le prince de Bavière. Avant 10 ans il avait déjà tourné pendant 4 ans à travers l’Europe pour donner des concerts devant les têtes couronnées. Avant 18 ans il avait écrit 30 symphonies. Avant 30 ans il entrait dans la mythologie musicale de la planète. Et avant 36 ans il était mort.
Frédéric Chopin et George Sand
Chopin, à propos de sa première rencontre avec George Sand : « Son visage ne m’est pas sympathique et ne m’a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m’éloigne. » « Elle est antipathique cette Sand ! Est-ce bien une femme ? J’arrive à en douter. » Sand fut sa compagne pendant neuf ans, même si leur relation tenait parfois plus du lien mère-fils. Par ailleurs, Sand fumait non-stop d’infâmes cigares, l’idéal pour alimenter les célèbres toux de Chopin, grand malade pulmonaire.
La philanthropie de Franz Liszt
On pourrait argumenter qu’avec tant de concerts, Liszt assurait largement sa fortune : que nenni. Doté d’un caractère aimable, spontané et fantasque, il reversa plus de la moitié de cachets à des œuvres de charité : les ouvriers grévistes de Lyon, les victimes des inondations du Danube, les malades des hospices, les pauvres etc. Et après sa retraite de la scène, à l’âge de 37 ans, il devint le mentor de dizaines de futurs grands pianistes, auxquels non seulement il dispensait ses cours gratuitement, mais en plus il leur offrait le gîte et le couvert.
La roublardise du même
Selon les carnets intimes du célèbre conteur Hans Christian Andersen, qui connut bien Liszt au cours des années 1860, le jeune pianiste avait l’habitude d’être couvert de fleurs par le public à l’issue de ses concerts. Mais… une bonne partie des fleurs étaient payées par Liszt lui-même et lancées par des affidés. Lors d’un concert à Hambourg en 1840 auquel assistait Andersen, ce fut le maître nageur de l’hôtel qui les lança. Quand Liszt fut en tournée avec le ténor Rubini – les deux artistes partageaient les bénéfices ET les frais –, Rubini s’offusqua des sommes astronomiques que Liszt avait engagé en fleurs, odes à leur gloire, bravos sur commande et autres procédés de relations publiques.
Les trois bousquetaires
Les « Trois B », ce sont les trois plus grands compositeurs dont le nom commence par B. Les deux premiers B furent Bach et Beethoven. Dès 1854, un chroniqueur ajouta Berlioz pour créer les « Trois B » mais, peu après, le chef d’orchestre Hans von Bülow, ardent anti-berliozien, préféra déBoulonner Berlioz et B-tiser Brahms. Wagner, jaloux de Brahms qu’il détestait, tenta d’imposer Bruckner (un féroce wagnérien) comme troisième B, à défaut de s’appeler Bagner… en vain. La sainte trinité est donc éternellement Bach, Beethoven, Brahms, à moins qu’un autre larron vienne un jour changer la donne. On attend encore. Boulez ? Hummm…
Le tragique accident de Maurice Ravel
Mise en garde : Attachez vos ceintures, même à l’arrière. En octobre 1932, Ravel fut victime d’un traumatisme crânien au cours d’un accident de taxi ; peu après, il se plaignit de troubles de la motricité en général, de l’écriture et de la parole en particulier. Au cours des cinq années suivantes, son état ne fit qu’empirer et quand bien même le malheureux compositeur avait gardé intacts tout son esprit et sa créativité intérieure, il ne fut plus en mesure de rien composer. On tenta une opération du cerveau, mais Ravel tomba dans un coma profond à la suite de l’intervention et succomba quelques jours plus tard. Peut-être une ceinture de sécurité aurait-elle permis que l’un des plus phénoménaux compositeurs du XXe siècle ne soit pas réduit au silence en plein génie créateur : de quels chefs-d’œuvre la postérité a-t-elle ainsi été privée…
Chimie amusante
Borodine a découvert l’aldolisation – l’addition nucléophile d’un énolate sur un aldéhyde pour former une β-hydroxycétone, comme vous le savez sans aucun doute.



