EMI Classics ressuscite la collection Red Line pour rendre de nouveau disponibles, et à tout petit prix, des enregistrements majeurs de son catalogue.
Parmi les 25 premières parutions, on notera plus particulièrement 3 symphonies de Beethoven interprétées par Rudolf Kempe et l’Orchestre Philharmonique de Munich : une Cinquième tendue et concentrée, et une Pastorale idéalement colorée, sont de remarquables témoignages de la maturité artistique et du souci de perfection de ce grand chef, quand la grandiose Neuvième, avec une distribution vocale de rêve (Fassbaender, Gedda, Koszut, McIntyre), enregistrée trois ans avant la mort de Kempe en 1973, constitue tout simplement un monument de la musique classique et le couronnement d’une fabuleuse carrière de chef d’orchestre.
Autre sommet discographique, les Lieder eines fahrenden Gesellen et les Kindertotenlieder de Mahler par Christa Ludwig, qui est en fut l’une des plus grandes interprètes, opérant mieux que personne cette synthèse entre extrême sophistication et élan naturel (Diapason d’or).
Dans le célèbre Voyage d’hiver de Schubert, Brigitte Fassbaender a su imposer une vision puissante et originale ; aux frontières de l’expressionisme, ce cycle devient un drame aux multiples nuances, entre révolte et résignation. Autre disque de mélodies, les crépusculaires Quatre derniers Lieder de Richard Strauss sont y ici présentés à travers la lecture bouleversante de Lucia Popp, et complétés par plusieurs Lieder avec piano (Diapason d’or).
Trois disques d’Alexis Weissenberg sont également à l’honneur en hommage à sa disparition en janvier dernier, avec tout d’abord les Variations Goldberg : l’œuvre la plus emblématique du répertoire baroque pour clavier trouve chez le regretté pianiste un interprète qui saisit l’équilibre exact entre démarche intellectuelle et virtuosité pianistique, et qui trouve le style et le ton justes à chaque variation ; les sonates pour violon et piano de Brahms, avec Anne-Sophie Mutter en partenaire idéale ; et enfin les deux concertos de Chopin, un magnifique trésor des débuts de la discographie d’Alexis Weissenberg, qui leur insuffle une ardeur juvénile et l’éclat d’une virtuosité technique impeccable, leur rendant ainsi toute leur magie romantique. Anne-Sophie Mutter nous revient par ailleurs dans les Quatre Saisons de Vivaldi, enregistrées sous la direction de son mentor Herbert von Karajan, et immense succès lors de leur parution.




