Violoncelliste, chef d’orchestre mais aussi compositeur, Pablo Casals (1876-1973) – de son nom catalan Pau Casals i Defilló – réalisa pour EMI, sur une période de quelque trente années, une série d’enregistrements à tous égards historiques repris dans ce coffret de 9 CD intitulé EMI Recordings 1926-1955, d’une qualité sonore étourdissante (remastering 2003/2009 pour nombre d’œuvres). Cette somme s’ouvre tout naturellement sur l’intégrale des Suites de Bach pour violoncelle seul, que Casals découvrit adolescent et travailla douze ans avant d’oser les jouer en public – trente-cinq années devaient encore s’écouler avant qu’il n’accepte de les enregistrer, entre Paris et Londres (1936-1939), pour Fred Gaisberg et son label His Master’s Voice : première intégrale jamais réalisée. Leur font suite les cinq Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven (avec Mieczysław Horszowski et Otto Schulhof), mais aussi la Deuxième de Brahms. Le répertoire avec orchestre de Casals, fondateur des Festivals de Prades (1950, pour le bicentenaire de la mort de Bach) et de Puerto Rico (1957 – où il créa l’Orchestre Symphonique de San Juan), est illustré par les Concertos de Dvořák (Szell, 1937) et d’Elgar (Boult, 1945), Kol Nidrei de Bruch et un Concerto « reconstitué » de Boccherini (Landon Ronald, 1936), sans oublier un anthologique Double Concerto de Brahms au côté du violoniste Jacques Thibaud et sous la direction du pianiste – et grand chef d’orchestre, de Bach à Wagner, ce que l’on oublie trop souvent – Alfred Cortot (Orquesta Pau Casals, Barcelone, 1929). Parmi les témoignages les plus illustres de ce coffret superlatif figurent les trios gravés en 1926-1928 avec Cortot et Thibaud (les musiciens jouèrent en trio constitué de 1905 à 1934), considérés comme le fondement même de la discographie de ces œuvres : Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann, Haydn. Parmi un florilège de pièces « mineures » (bis et transcriptions), le CD 9 permet d’entendre Casals dirigeant à Prades, en 1955, un ensemble de Sardanes de concert à la tête d’une formation, ou cobla, dite La Principal de Gerona – avec entre autres Festivola (1908) de Casals lui-même et trois pièces de son frère Enrique Casals (1892-1986), dont Heroica (1919), page dédiée à Pablo.




