Faisant valoir que les contre-ténors n’ont pas de répertoire spécifique…, Philippe Jaroussky, amoureux de toujours de la langue et de la mélodie françaises, a concrétisé son désir d’aborder le répertoire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, entouré de quelques amis de choix bien connus des catalogues EMI et Virgin Classics ! Si le fait n’est pas véritablement sans précédent (le contre-ténor américain David Daniels a gravé pour Virgin les fameuses Nuits d’été de Berlioz), la différence tient avant tout à la diversité et à l’originalité de ce florilège – et à ce que le français est la langue maternelle de Philippe Jaroussky, lequel a choisi, poussant « l’anachronisme » dans ses derniers retranchements musicaux, de proposer une interprétation « moderne » de ces mélodies d’esprit romantique, renonçant notamment à rouler les r, à la différence de tant d’interprètes prestigieux de la mélodie française, afin de laisser la poésie s’épanouir sans contrainte. L’initiative de cette plongée postromantique, de l’aveu même de Jaroussky, vient de Renaud Capuçon qui, le premier, l’invita à chanter Hahn, Chausson et Fauré. Le programme de ce disque, où l’on retrouve, au côté de Renaud et de Gautier Capuçon ou encore d’Emmanuel Pahud, le pianiste Jérôme Ducros comme principal protagoniste instrumental, est constitué à la fois de coups de cœur et d’insignes raretés. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut entendre des mélodies signées Cécile Chaminade, Caplet, Dukas, Lekeu, d’Indy, Dupont et même Saint-Saëns : le titre de l’album s’inspire de la 6ème de ses Mélodies persanes (1870) : Tournoiement (Songe d’opium) – et il aura fallu qu’un contre-ténor « baroque » veuille nous les offrir, mettant à mal toutes les étiquettes… On a pu entendre Jaroussky dans ce « nouveau » répertoire fin mars avec plusieurs dates en province et à Paris.
Minisite : http://www.jarousskyopium.fr/




