Rassemblant les quatuors de Fauré, Debussy et Ravel, le premier disque du Quatuor Ebène pour Virgin (couronné d’un Choc du Monde de la Musique et d’un 4 Clés de Télérama) résumait parfaitement les qualités d’une formation née il y a dix ans sur les bancs du Conservatoire national de région de Boulogne-Billancourt : à une sonorité homogène, à une sensibilité volontiers fébrile et fantasque (qu’on se rappelle également leur interprétation très excitante d’un arrangement par eux-mêmes de la bande originale de Pulp Fiction lors de la dernière cérémonie des Victoires de la musique classique), les quatre jeunes musiciens français joignent une assurance non moins vertigineuse et une élégance du style peaufinée auprès de leurs aînés du Quatuor Ysaÿe.
Le dynamisme plein de mordant du Quatuor en ut mineur de Brahms semble ainsi taillé sur mesure pour ces quatre archets. Et une même Stimmung brahmsienne jaillit sous les doigts de la pianiste Akiko Yamamoto : comment rêver pour eux plus beau terrain de jeu que le Quintette en fa mineur du même Brahms, partition d’une encre toute romantique, dont le lyrisme kaléidoscopique appelle une accentuation tour à tour héroïque, grisante et intimiste ?



