Après notamment les concertos de Schumann et de Mendelssohn (avec Daniel Harding), celui de Dutilleux (L’Arbre des songes, avec Myung-Whun Chung) puis les 1er et 3e de Mozart (avec Louis Langrée), Renaud Capuçon a choisi d’enregistrer l’« Empereur » des violonistes : l’Opus 61 de Beethoven. Cette partition illustre entre toutes, il en connaît tous les recoins – « c’est avec Mendelssohn le concerto que j’ai le plus joué », déclare-t-il. Aussi l’aborde-t-il avec sérénité et tendresse, sans se laisser intimider par les grands modèles du passé : aux ombres glorieuses, il préfère sa lumière à lui, douce et chaleureuse, dont Yannick Nézet-Seguin entretient savamment la flamme.
Et quel plus bel écrin pour faire écho à ce lyrisme à fleur de lèvres, que le concerto pour violon d’Erich Wolfgang Korngold ? Ce Viennois exilé aux Etats-Unis pour fuir la barbarie nazie, s’installa à Hollywood où il inventa et fixa les standards de la musique de film américaine. Celle qu’il écrivit pour Captain Blood, Sea Hawk et The Adventures of Robin Hood – trois productions magistrales ayant Errol Flynn pour héros – se reflète dans les miroitements de son concerto. Formidablement encadré par les musiciens de Rotterdam, troquant l’épée du comédien contre son Guarnerius « Panette », Renaud Capuçon semble en effet voguer sous une pluie d’étoiles, chevaucher panache au vent et sourire à ses amours.



