En 1995, Thomas Adès abordait pour la première fois la scène lyrique avec Powder Her Face, opéra de chambre inscrit au catalogue EMI Classics. Puis ce fut, en 2004, l’immense succès de The Tempest, opéra en trois actes d’après Shakespeare, créé à Covent Garden dans une mise en scène de Tom Cairns et aujourd’hui restitué dans sa distribution d’origine grâce à l’enregistrement (2 CD pour le prix d’un) réalisé sur le vif au Royal Opera House sous la direction du compositeur. Créé à Londres en 2004, produit à Strasbourg et Copenhague en 2005 puis à Santa Fe en 2006 avant d’être redonné à Londres en 2007 (le Met de New York annonce une production pour la saison 2012-2013), The Tempest, œuvre à la fois la plus expressive et la plus rigoureuse d’Adès, était une entreprise d’autant plus téméraire que le compositeur souhaitait raconter l’histoire intégralement, ce qui imposait de trouver une manière d’utiliser le texte de Shakespeare sans adapter la pièce en son entier, tâche impossible à l’opéra – le texte de sa collaboratrice Meredith Oakes condense avec habileté l’original tout en préservant l’émerveillement suscité par le texte shakespearien. Si la parution d’un opéra est toujours un événement, celle d’un ouvrage contemporain l’est peut-être plus encore : la fidélité d’EMI Classics à Thomas Adès depuis ses débuts, à travers notamment les gravures dirigées par Sir Simon Rattle, ne pouvait qu’inciter la firme britannique à publier ce témoignage sur le vif servi par une distribution prestigieuse : Simon Keenlyside est Prospero, Kate Royal Miranda, Toby Spence Ferdinand, Ian Bostridge Caliban, Cyndia Sieden Ariel, Philip Langridge le Roi de Naples.




Jaroussky 'La dolce fiamma' : "Ce qui chez d’autres ne serait que prouesse devient pur enchantement". Diapason
